EdFab co-organise la conférence “Learning places of the future” le 03 novembre prochain. Nous avons posé quelques questions à Elmar Husmann, secrétaire général d’ELIG (European Learning Industry Group).

Peux-tu présenter ELIG en quelques mots ?

ELIG a débuté en 2002 comme un regroupement d’entreprises du secteur du eLearning. Depuis, ELIG a évolué en un réseau regroupant des entreprises du secteur des TIC, de l’édition, des acteurs spécialisés dans la edtech et des institutions d’éducation. Notre mission est de soutenir les organismes d’éducation et d’apprentissage européens dans leur transformation digitale. Toutes nos activités sont à but non-lucratif.

« We meet » fait partie des actions phares de l’association. Comment a débuté l’organisation de ces conférences annuelles ?

Nous croyons fortement en la valeur ajoutée du partage d’expérience. Nous avons commencé par organiser une réunion annuelle avec les membres d’ELIG, à laquelle nous avions invité des personnes extérieures. Mais rapidement, nous avons réalisé que ce que nous voulions vraiment était d’élargir les discussions à d’autres parties prenantes venant d’Europe et d’ailleurs. C’est ainsi que les conférences ont vu le jour. Pour autant, nos conférences restent dans des formats relativement petits pour permettre les interactions entre les participants.

Vous changez de ville tous les ans : après Stockholm, Londres et Berlin, la conférence se tiendra cette année à Paris. Quels avantages y a-t-il à vous déplacer ? Comment choisissez-vous les villes ?

L’éducation et l’apprentissage sont souvent considérés comme des sujets nationaux. En effet, les différences culturelles et locales sont importantes, alors que les tendances technologiques et l’innovation sont mondiales. C’est pourquoi nous accordons de l’importance au dialogue et aux échanges entre européens. Un des éléments clés des conférences ELIG est de mettre en valeur des cas innovants à travers toute l’Europe, de partager des initiatives en cours, des expériences et des pratiques de différents pays européens.

Les pays et villes sont choisis en fonction des perspectives de développement qui nous semblent intéressantes durant la période. Dans d’autres termes : les endroits où les choses bougent dans l’éducation et la formation. Pour chaque conférence, nous choisissons des partenaires locaux qui nous aident à établir des liens avec des acteurs et des initiatives pertinents localement.

Pourquoi avoir choisi comme thématique cette année les futurs espaces d’apprentissage ?

L’apprentissage et la formation ne sont pas seulement impactés par la digitalisation. Parallèlement, il y a par exemple des tendances allant vers des formes d’apprentissage collaboratif, centré sur l’apprenant et la co-création. Ce sont des choses que l’on a déjà pu observer dans les pays nordiques, où se sont tenu notre première conférence (Stockholm) et une des précédentes réunions des membres (Helsinki).

De plus, je pense que les architectes et les designers ont un rôle important dans la refonte des manières d’apprendre, et que leur travail – ainsi que celui des fournisseurs d’éducation numérique ont besoin d’aller de pair. Nous avons réuni pour la conférence 2016 à Paris de nombreux cas innovants allant de smart campus à des installations flexibles comme la Ideas Box de Bibliothèque Sans Frontières, de France et du monde.

Il s’agit de la 4e édition de la conférence. Cela montre que c’est un succès. Qu’est-ce que le public vient y faire ? S’informer, échanger, faire de la veille, signer des partenariats, … ?

Notre but est vraiment d’organiser un forum de networking et d’échanges de pratiques et d’expériences. Jusqu’à présent nous avons eu de nombreux retours encourageants après les précédentes conférences et de nombreux participants nous ont affirmé avoir trouvé les conférences et moments de networking très précieux pour leurs propres travaux. Si cela mène vers de la coopération, des partenariats ou des interactions au niveau européen, nous serions plus que ravis !

Je pense qu’au lieu de comparer les Etats européens en fonction des résultats PISA, il y a encore beaucoup à apprendre des forces et approches individuelles. Et la transformation digitale est un challenge auquel nous faisons tous face.