Nous avons posé quelques questions à Jérémy Lachal, directeur général de Bibliothèques Sans Frontières. Il interviendra lors de la keynote “Apprendre n’importe où”  pendant la conférence “Learning places of the future” le 03 novembre prochain.

 

 Jérémy Lachal - directeur général BSFVous avez co-fondé l’association Bibliothèque Sans Frontière. Comment vous est venu cette idée ? Quels ont été vos premiers questionnements ou constats ?

Bibliothèques Sans Frontières a été créée en 2007 à l’initiative de l’historien Patrick Weil. C’est à ses côtés que j’ai débuté l’aventure BSF. Je dirige l’association depuis.

Nous ressentions tous deux l’urgence de créer une organisation qui donne à chacun à travers le monde, en particulier aux populations les plus démunies, les moyens de s’informer et de s’éduquer, de s’ouvrir sur le monde et de l’éclairer en retour. Pour nous, cela passe par les bibliothèques, qui sont bien plus qu’une simple collection de livres. Les bibliothèques ont un impact transversal sur la société depuis la lutte contre la précarité et les inégalités sociales jusqu’au renforcement des compétences des populations en passant par la stimulation des énergies créatrices et de l’entrepreneuriat.

Dès sa création, BSF plaide pour une approche nouvelle de la coopération culturelle avec les pays du Sud, en particulier pour repenser le don de livres et construire des modèles économiques durables pour les bibliothèques publiques et associatives. C’est le fil rouge des actions et programmes de BSF depuis bientôt 10 ans.

De manière générale, quels sont les objectifs de l’association ?

BSF cherche à inventer la bibliothèque du 21ème siècle, en collaboration avec de nombreux acteurs des bibliothèques, du monde associatif, de la coopération et de l’économie sociale et solidaire.

BSF articule ses missions autour de trois grands axes constitutifs des bibliothèques : leurs infrastructures (création de bibliothèques et d’outils innovants), leurs contenus (curation de contenus, créations de contenus originaux) et les femmes et les hommes qui les animent et les fréquentent (formation, expertise, etc.).

Ces missions s’inscrivent dans trois grandes cultures d’intervention :

  • Urgence, post-conflit et processus de paix
  • Education populaire et culture pour tous
  • Entrepreneuriat social

Box-Fermee-Ouverte-Mise-en-situationOn pourra vous entendre lors de la keynote « Apprendre n’importe où » à 13h30. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur votre intervention ?

A travers ses outils, ses méthodologies, ses projets, BSF affirme la possibilité d’ « apprendre n’importe où » et en fait une réalité. L’enjeu, c’est que tous et toutes, victimes de conflits, déplacés, migrants, habitants de quartiers populaires, enfants des rues, communautés rurales ou isolées, aient l’opportunité d’apprendre et ainsi de se construire un futur.

Depuis deux ans et demi, nous mettons en place sur de nombreux terrains des Ideas Box : des médiathèques en kit qui se déploient en moins de 20 minutes n’importe où. C’est un dispositif robuste et autonome énergétiquement mais aussi un dispositif qui propose un contenu finement adapté aux besoins des populations, à leur langue, leur culture. En procurant un accès à Internet, aux livres, à des ressources pédagogiques et multimédia, l’Ideas Box est pensée pour fournir aux populations des outils essentiels pour se construire et imaginer l’avenir.

BSF s’attache également à la diffusion d’outils pédagogiques innovants, qui remplacent l’école quand elle n’existe pas ou la complètent. C’est le cas par exemple avec la Khan Academy, plateforme gratuite d’apprentissage personnalisé, accessible online et offline, traduite en français par BSF et proposée sur nombre de nos projets.

 

Vous êtes intéressés par son intervention ?

Inscrivez-vous à la conférence “Learning places of the future”